C’était une belle nuit de novembre, comme elle les aimait. Le ciel était dégagé, on pouvait voir une multitude d’étoiles et d’ici une semaine environ, la lune serait pleine. Elle illuminait déjà
le sol devant elle. Surprenant comme la lumière naturelle de la nuit était oubliée quand chaque nuit celles de la ville venaient la masquer.
Il faisait un petit peu froid, mais pas trop. Juste le piquant nécessaire qui fait apprécier la chaleur d’un bon manteau mais qui n’arrive pas à le traverser. Tout comme on n’apprécie jamais
autant un bon feu de cheminée que quand on est à la montagne et qu’il neige dehors.
Elle avait marché un petit moment et était légèrement essoufflée quand elle s’arrêta pour regarder le paysage qui s’offrait à elle. A ses pieds serpentait la route principale de sa ville, puis,
après, les premiers quartiers résidentiels, aux rue si larges, ensuite le centre ville et l’ancienne place forte qui dominait tous les environs et enfin, plus loin, les quartiers populaires, aux
lumières qui semblaient vaciller, à cause de la distance sans doute. Au delà, de ce qu’elle ne voyait pas, mais qu’elle retrouvait par la pensée, la plaine, puis le fleuve et la naissance de la
chaîne de montagne, aux sommets blancs presque toute l’année.
Elle laissa son esprit errer, sans que les bruits parasites des voitures qui n’étaient qu’à une centaine de mètres, ne viennent la perturber. Décembre arriverait vite, avec lui un froid plus
mordant, de la neige peut être et enfin Noël. Elle aimait Noël et regrettait un peu de ne pouvoir être là cette année, mais ce n’était pas vraiment important. Elle repensa à un autre Noël, celui
d’il y avait deux ans, qu’elle avait passé à l’hôpital. Cela avait été le pire Noël de sa vie, et pourtant le meilleur quelque part, celui de l’espoir. Malgré la douleur.
Ses parents, sa sœur et Luc, ils avaient passé leur Réveillon avec elle, créature amaigrit et presque moribonde, sur son lit, branchée de toute part. Mais cela n’avait pas semblé les troubler
plus que ça. Elle avait eu le droit à un chapeau de carton, à une jolie guirlande dorée en guise de collier et un petit bout de bûche de Noël, seule nourriture que son estomac avait acceptée ce
soir là. Mais ce fut une belle soirée, parce qu’ils s’étaient tous retrouvés, qu’ils avaient fait comme si tout allait bien, comme si les choses n’avaient pas changé et elle avait apprécié.
Quelques mois plus tard, elle était finalement sortie et était guérite. Le Noël suivant avait été tout autre, à la maison familiale, avec toute le monde, mais chaque fois qu’elle se sentait un
peu triste, c’était au précèdent qu’elle pensait. Parfois, elle se disait que c’était ce qui lui avait permit de se remettre, la puissance de l’esprit sur le corps dit-on. Beau cadeau en tout cas
que sa guérison de la maladie qui la rongeait à l’époque.
Le vent se leva un peu et elle plongea les mains dans ses poches par réflexe. Ses doigts caressèrent le papier des trois enveloppes qui s’y trouvaient. Trois lettres, pour trois destinataires.
Ses parents, Luc et sa petite sœur. Elle avait pensé que ce serait celle de son fiancé qui serait la plus dure à écrire, mais ce ne fut pas le cas. Rien de ce qu’elle n’avait pensé n’avait eut
lieu finalement.
Déjà, Luc… Elle avait cru pouvoir le voir, lui faire une crise, lui raconter qu’elle ne l’aimait plus, qu’elle l’avait trompé, pour que ce soit plus facile après, mais quand elle était arrivée
chez lui, il avait eu l’air si fatigué de sa journée, si las, qu’elle avait sentit ses résolutions fondre. Elle s’était occupée de lui, lui avait fait à manger et ils avaient passé la soirée dans
les bras l’un de l’autre, à parler de tout et de rien et à écouter le silence. Ce n’était peut être pas plus mal ainsi, que de le quitter avec un bon souvenir.
Puis sa sœur. Comment lui faire comprendre qu’il ne fallait jamais baisser les bras ? Qu’elle devrait toujours se battre pour avoir le meilleur pour elle, que tout était possible quand on le
voulait vraiment ? Qu’elle ne fuyait pas, qu’au contraire, elle avait prit sa décision de façon réfléchie et que ce n’était pas par facilité, justement, qu’elle faisait face, qu’elle se
dressait droite sur la route de son destin, prête à le diriger ? Elle avait essayé avec des mots simples de dire ce qu’elle ressentait et ce qu’elle attendait de l’avenir pour elle, pour
eux. Et elle espérait qu’eux comprendraient.
Son cœur était en paix, la décision s’était imposée à elle il y avait une semaine, après une visite chez le médecin qui la suivait. La maladie était revenue, plus maligne, plus grave. Cela
signifiait à nouveau les traitements, la douleur, les épreuves pour elle, pour ses proches. Elle avait vécu un calvaire il y avait à peine quelques mois et refusait d’être à nouveau la victime de
son corps, de sa souffrance.
C’était sa vie, c’était son choix. Et ce n’était pas un coup de tête. Elle reprenait son existence en main, elle l’affrontait. Bien sur, les gens penseraient sûrement le contraire, mais elle s’en
fichait, elle était en accord avec son cœur, son âme. Bien plus paisible quelle ne l’avait jamais été. Elle regarda en contrebas, juste avant que le dessin de la route n’éclaire le bord de la
falaise. Il y avait une bande de terre d’une trentaine de mètres, des rochers surtout. Elle avait toujours aimé venir à cet endroit, elle le trouvait paisible et fort heureusement, elle n’avait
jamais souffert du vertige, donc elle avait pu se dresser ici même pendant des heures, à quelques centimètres du bord et apprécier la vue sans crainte. Le lieu idéal pour elle.
Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle les rouvrit, sourit, écarta les bras dans un geste légèrement magistral qui lui tira un léger sourire et sauta. La chute fut brève. Ce qui
suivit également. D’abord le choc sourd de l’impact au sol, elle entendit ses os craquer, son crâne cogner par terre. Une douleur fulgurante la parcouru, comme un choc électrique, qui ne dura que
le temps d’une pensée. Puis le noir, le glissement tranquille vers ce noir chaud et réconfortant, et puis…
Il avança d’un pas lent et régulier dans la grande salle circulaire. Son manteau sur les épaules, la capuche masquait son visage. Même s’il n’avait pas été dans la pénombre dûe aux quelques
bougies disséminées dans la salle, personne n’aurait pu deviner ses traits et par la même, son identité. Il prit position, sous l’une des arcades qui dominaient la partie inférieure de la salle.
Celle-ci comportait 16 autres arcanes de ce genre, plus une aux proportions doublées, ce qui permettait d’avoir une vue parfaite sur le contrebas. La salle devait faire dans les 15 mètres de
diamètre, pour une trentaine de haut, divisée en deux étages. Les murs étaient en pierre blanche, des torches étaient accrochées aux murs à distance régulière et le sol était recouvert de marbre
gris. L’aspect solennel était d’autant plus mis en avant qu’il faisait légèrement froid entre ces murs. Un lieu qui ne semblait pas avoir changé depuis 158 ans, date à laquelle elle avait été
creusée dans ce sous-sol, secret des secrets…
Il releva légèrement la tête et contempla les 15 autres personnes qui l’entouraient et qui étaient vêtues comme lui. Il ne voyait pas leurs visages, mais savait exactement qui était qui. Il ne
manquait que le Maître de cérémonie, qui apparaîtrait dans l’arcade principale. Mais d’abord, les futurs initiés…
Ils arrivèrent quelques instants plus tard, 17 jeunes hommes, tous habillés de la même façon : pantalon à pince noir, une ceinture et une chemise blanche. Ils avancèrent, un peu craintifs,
le visage relevé, murmurant faiblement en découvrant cette salle qui pouvait être tellement impressionnante la première fois… Et quelques unes des suivantes aussi ! Il n’y eu plus bientôt de
bruit, hormis le crépitement des flammes et le claquement de leurs semelles sur le sol. Comme les autres avant eux, ils s’immobilisèrent et continuellement à regarder en haut, ces ombres noires
qui les dominaient sans mot dire. Ils attendaient en tournant sur eux même, sachant ce qui allait se passer mais sans vraiment se l’imaginer, se rendre compte.
Son fils aîné était parmi eux et aujourd’hui était sans doute le jour le plus important de sa vie d’homme. Il allait être initié, il allait devenir membre de l’une des fraternités les plus
puissantes du pays. Et cela allait changer sa vie, comme cela avait changé la sienne, bien des années auparavant.
Il se rappelait ce jour là comme s’il avait eu lieu la veille et se perdait dans le tourbillon de ce qui avait suivit. Les études avaient été faciles à terminer. Même sans être le premier de la
classe, il avait eut toute l’aide nécessaire pour donner le meilleur de lui-même, sans avoir à se soucier de quoi que ce soit. Les voitures offertes, l’argent qui coulait à flot, les filles qui
ne demandaient qu’à se pendrent au cou de l’un deux, cela n’avait été qu’un début. Après l’Université, avec l’appui de ses « frères », les plus grandes entreprises lui avaient ouvertes
leurs portes et il avait rapidement grimpé les échelons. Il avait choisi d’œuvrer dans les hautes sphères du commerce international et il était aujourd’hui à la tête du conseil d’administration
de la troisième entreprise du pays. Bien sur, tout ce la n’était pas gratuit, il y avait un accord, on est frère dans l’adversité également et lui aussi avait su donner des coups de pouces quand
il l’avait fallut, prendre des risques, sans chercher à se protéger. La fraternité avant tout. On lui avait demandé dernièrement de se lancer en politique et même si ce domaine ne l’intéressait
pas, il avait fait son entrée dans ce monde, fort discrètement pour le moment, il y avait quinze jours.
Son fils aurait le choix de vie le plus prometteur qu’il pouvait être donné d’offrir à son enfant : politique, commerce, média, finance… Ils étaient de partout et chaque années, les 17
diplômés qui sortaient de l‘Université reprenaient le flambeau de leurs aînés en s’infiltrant dans chaque cercle d’influence du monde.
Le Maître de cérémonie fit son entrée et le peu de bruit qu’il y avait encore dans la salle disparu aussitôt. De longues secondes s’écoulèrent avant qu’il ne commence son discours. Il ne l’écouta
que d’une oreille, il l’avait entendu des dizaines de fois, soit en étant à sa place actuelle, soit caché derrière les murs, avec les autres. Les mots étaient solennels, les formules très
directives. Il leur énonçait leur engagement à venir. L’aube d’une nouvelle vie où leur nouvelle famille devrait désormais être leur priorité. On ne posait pas de question, on aidait ses frères,
quoi qu’il en coûte, quoi qu’il s’agisse. En échange, la puissance, l’honneur…
Il fixait du regard son fils, presque son portrait craché, si ce n’était les cheveux foncés qu’il avait hérités de sa mère. Une bouffée d’orgueil l’envahit, sa relève était là, son fils sortirait
de cette salle en homme. Un homme que rien n’arrêterait et qui irait, qui sait, peut être à la Présidence !
Il était une fois, dans un pays très lointain, un charpentier qui avait deux fils et une fille. Cette dernière, prénommée Hélène, était d’une très grande beauté. Toute enfant déjà, les gens
s’extasiaient devant son visage angélique et ses grands yeux violets et en grandissant cela ne changea pas. On disait que les fleurs suivaient son pas léger et que la lune était plus belle les
soirs où Hélène la regardait.
La fillette, qui pourtant avec un cœur en or, finit par devenir vaniteuse car jamais personne ne lui refusait quoi que ce soit. Qui aurait eu cœur d’attrister pareille perfection ? Ses
parents, ses frères, les villageois et même les quelques voyageurs qui venaient se perdrent dans ce village éloigné, n’étaient jamais plus heureux que quand Hélène l’était.
Une seule personne tenait tête à la jeune enfant, c’était Simon, le fils du meunier. Etrangement, il ne la voyait pas comme les autres et la traitaient sans plus d’égards qu’il n’aurait eu pour
une autre. La fillette, tout d’abord blessée, finit par apprécier cette différence de traitement, même si l’indifférence de Simon lui était difficile parfois, elle qui était sans cesse choyée.
Ils devinrent les meilleurs amis du monde, on ne voyait jamais l’un sans que l’autre ne fut loin.
Simon avait les cheveux aussi noirs que ceux Hélène était clairs et dorés, ses yeux étaient tristes et sombres alors que ceux de la petite fille étaient rieurs et limpides. Ils étaient aussi
différents que le jour et la nuit. Physiquement… Et mentalement, parce que si Simon était un garçon simple, heureux des petits plaisirs de la vie, Hélène n'était jamais satisfaite de ce qu’elle
avait. Elle passait son temps à rêver d’ailleurs. Elle adorait écouter les récits des voyageurs sur les châteaux lointains, les grands bals et les princes.
Ils grandirent ainsi, se disputant régulièrement, Simon, si fier de prendre la place de son père un jour et Hélène, soupirant en regardant l’horizon.
L’année de leurs 16 ans, tout changeant quand un messager royal passa dans leur village. La légende de la beauté d’une mystérieuse paysanne avait atteint les portes du palais et le Prince, en âge
de se marier, était curieux. Le messager se rendit donc dans l’humble demeure du charpentier et demanda à voir la jeune fille dont la beauté éclipsait celle de toutes.
Il resta sans voix, juste avant de tomber à genoux devant la demoiselle. Puis quand il reprit ses esprits, il annonça que l’on n’avait en rien mentit quand aux qualités Hélène Il prit à partie
les parents de la jeune fille et leur expliqua le but de sa visite. Le Prince désirait rencontrer cette mystérieuse beauté, dont on lui avait vanté les mérites depuis fort longtemps. Hélène était
donc invitée au palais, loin de ses parents, loin de son monde. Mais si prêt de ce dont elle rêvait chaque soir.
Pour une fois, ses parents calmèrent un petit peu les ardeurs Hélène. Malgré la peine qu’ils ressentaient en la contrariant, ils l’avertirent que la vie à la cour, si tant est qu’elle y aille,
était bien différente de la vie qu’elle avait connue jusqu’alors. Que jusqu’ici, elle n’avait connu que des gens simples et que là-bas, tout n’était que conspiration et suffisance. Hélène
n’écouta que d’une oreille distraite, les yeux perdus dans le lointain. L’accord fut donné et le messager partit afin de préparer la venue de la jeune fille, quelques jours plus tard.
La veille de son départ, Hélène alla voir Simon, qui n’avait plus remit les pieds dans la maison du menuisier depuis la visite royale et l’annonce du départ de son amie. Il refusa tout d’abord de
lui parler, prétextant du travail, mais elle insista. Il lui avoua qu’il trouvait ridicule son envie de quitter sa vie, ses amis, juste pour aller parader au palais. Qu’il pensait qu’elle n’y
serait jamais heureuse car les gens là-bas ne chercheraient jamais à la connaître, qu’elle serait juste un objet, un bijou à montrer. Hélène se fâcha tout d’abord face à l’offense, arguant
qu’elle était bien plus qu’un visage, qu’elle avait son caractère et qu’au palais, ils le découvriraient bien vite. Le ton monta, ils eurent des mots très durs l’un envers l’autre et quand Simon
claqua la porte, Hélène était en larme.
Le carrosse emporta une jeune fille anéantie, la première séparation d’avec sa famille, le départ au loin et l’absence de Simon pour son départ avaient fortement blessé Hélène. Mais la légèreté
de la jeune fille reprit bientôt le dessus, après tout, elle allait réaliser son rêve ! Qui pouvaient avoir le droit de lui gâcher sa chance ? Personne.
L’arrivée au palais et la vie là-bas furent tels qu’elle l’avait imaginé, tout n’était que faste et splendeur. Les gens étaient propres et beaux, ils étaient cultivés et joyeux. Ils ne
ressemblaient en rien au simples paysans qu’elle avait connus jusque là. Et le Prince… Elle en tomba aussitôt amoureuse et cela fut réciproque. Au point qu’il en oublia sa fiancée, une princesse
au teint mat et au longs cheveux châtain du nom d’Annie, en demandant immédiatement Hélène en mariage. La jeune fille ne savait quoi dire et les longues secondes de silence avant qu’elle ne
réponde lui semblèrent une éternité. Mais un léger oui franchit ses lèvres et elle oublia toutes ses réticences dans la liesse qui suivit sa réponse.
La vie semblait aller pour le mieux pour Hélène, elle était au palais depuis quelques semaines et les préparatifs pour son mariage prochain allaient bon train. Elle était même devenue amie avec
Annie, qui, comme tous, était tombée sous son charme. Tous ses rêves se réalisaient… Et pourtant, quelque part au fond de son cœur, il y avait un petit vide, un doute, une peur. Elle repensait
souvent à Simon, quand il lui avait dit que les gens ne l’aimeraient pas forcement pour ce qu’elle était. Elle était certaine qu’il se trompait, tout le monde était si gentil avec elle et son
Prince si prévenant. Mais parfois, alors qu’elle parlait avec lui, elle avait l’impression qu’il ne l’écoutait pas vraiment.
Elle était tourmentée et la veille de son mariage, alors qu’elle ne trouvait pas le sommeil, elle décida de s’ouvrir à Annie, celle qui était devenue si rapidement sa meilleure amie. Celle-ci
l’écouta attentivement et comprit son problème. Elle laissa quelques minutes Hélène et revint avec un petit flacon qu’elle lui tendit. Elle lui expliqua qu’il contenait un filtre magique, qui
avait le pouvoir de modifier son apparence pour quelques heures. Comme ça, elle pourrait aller voir son Prince et enfin savoir s’il l’aimait pour elle ou seulement pour son apparence.
Hélène avait un peu peur, elle hésitait, ne sachant pas vraiment si elle était assez forte pour sortir de cette épreuve. Puis, alors qu’elle croisa son reflet dans le miroir, sa peau si lisse,
ses traits parfaits, ses cheveux soyeux, sa décision fut prise et elle avala d’un trait le liquide rouge.
Ce fut une douleur intolérable qu’elle ressentit, elle cacha son visage derrière ses mains et tenta de dissimuler ses cris de douleurs. Elle avait l’impression que sa peau était en feu et qu’on
lui lacerait le visage. Puis se fut terminé et Hélène retrouva son souffle, allongée sur le sol. Elle se releva et croisa les yeux effrayés d’Annie, qui lui tendit un miroir en tremblant. Elle
semblait avoir 70 ans, sa peau était fripée et couverte de cicatrices qui barraient son visage des pommettes aux lèvres. Seuls ses yeux, miroir de l’âme dit on, n’avaient pas changé. Elle eut
besoin de beaucoup de courage pour sortir de sa chambre et aller rejoindre celle du Prince. Elle toqua doucement et entra timidement quand il l’invita. Dans la pénombre, il ne la voyait pas, il
l’accueillit gentiment et elle lui demanda s’il l’aimerait toujours, même si elle devait être laide. Il lui assura que son amour était pur et sincère, mais quand elle pénétra dans la halo de la
lune, le Prince ne pu réprimer un cri de dégoût. Hélène eut l’impression qu’un gouffre s’ouvrait sous ses pieds, ainsi, c’était vrai, les gens ne l’aimaient pas, les gens n’aimaient que son
apparence. Un bijou pour parader, voila ce qu’elle était et dans sa vanité, elle n’avait jamais voulu le croire. Mais sa déception ne s’arrêta pas là, le Prince la congédia aussitôt, lui disant
qu’il ne pourrait jamais avoir pour épouse une Reine hideuse.
Hélène partit en pleurant dans sa chambre rejoindre Annie, afin qu’elle lui donne l’antidote. Elle voulait rentrer chez elle désormais, mais ne pouvait garder ce masque infâme. Annie l’attendait
avec un sourire en coin et lui dit d’une voix froide qu’il n’y avait pas d’antidote. Qu’elle n’avait jamais été son amie, elle qui avait essayé de lui voler son fiancé. Fiancé qui continuer à lui
promettre bien des choses, fiancée qui l’aimait elle, depuis des années. Elle lui dit que désormais, elle serait punie d’avoir cru que le monde était à ses pieds juste par le hasard d’une
naissance bénie.
Elle appela les serviteurs, pourtant si aimables avec elle auparavant et leur donna l’ordre de la mettre dehors. Hélène courut vers les appartements du Prince, mais elle ne les atteignit jamais.
L’inconstant avait déjà donné des ordres pour faire partir celle qui lui était inutile désormais.
Hélène fut donc jetée du Palais en plein milieu de la nuit. Elle se retrouvait seule, démunie et défigurée, sans savoir où aller. Elle voulait rentrer chez elle, mais l’humiliation était double.
Elle avait perdu ses rêves de grandeurs, elle avait perdu sa beauté… Et si les gens là-bas réagissaient comme au palais ? Elle pensa à son vieil ami et à ses paroles, si seulement elle avait
été plus humble et l’avait écouté ! Elle était heureuse là bas, mais trop vaniteuse, trop exigeante pour s’en apercevoir…
Elle erra de longs jours et trouva finalement un travail dans une petite auberge de village. Les patrons, des gens simples mais rudes furent d’abord réticents à l’embaucher, son visage était
vraiment effrayant, mais pour faire les ménages, cela ne posait pas de problème. Hélène eut beaucoup de mal à faire ce travail, ou même n’importe lequel d’ailleurs, elle n’avait jamais vraiment
eut à faire des taches manuelles, tout le monde avait toujours été à son service. Mais elle tint bon et au bout de quelques temps, elle s’était faite à cette nouvelle vie et même à son nouveau
reflet.
Elle avait décidé de ne pas retourner chez elle, elle envoya une simple missive, disant à ses parents qu’elle n’épouserait pas le Prince, mais qu’elle été heureuse de sa nouvelle vie. Elle ne
donna pas son adresse, refusant de les voir, se disant qu’un jour peut être, elle serait assez forte pour affronter ses fantômes.
Ses marques s’atténuèrent au fil des mois, mais ses traits ne redevinrent jamais jolis. Seuls ses yeux faisaient que les gens n’étaient pas dégoûtés en la croisant. Cela lui faisait mal au début,
mais la satisfaction d’avoir quelques vrais amis compensa à force cette douleur. Les aubergistes finirent par la traiter comme leur fille et au bout de quelques mois, elle servit en salle,
retrouvant le sourire, parlant et plaisantant avec les clients qui venaient régulièrement.
Elle s’était faite à cette nouvelle vie, cela faisait presque un ans qu’elle habitait dans ce village, le Prince s’était marié avec Annie et elle lui avait donné un petit héritier… 7 mois après
le mariage, un prématuré, disait on… Elle n’envisageait plus de rentrer, elle avait une nouvelle vie.
Un matin, un étranger poussa la porte et alors qu’elle prenait sa commande, elle faillit défaillir. Cet étranger était Simon, elle l’avait aussitôt reconnu. Il avait énormément changé, ce n’était
plus l’adolescent qu’elle avait connu, mais un homme, grand et musclé. Lui ne sembla pas la reconnaître, il eut un léger temps d’arrêt face à son visage marqué, à ses yeux, comme tant d’autre,
mais il lui commanda une boisson, sans ajouter d’avantage de mot. La jeune fille eut besoin de quelques secondes pour reprendre ses esprits et elle essuya quelques larmes dans la réserve avant de
revenir le servir. Tout son passé lui revenait, le manque de son meilleur ami également. Et lui non plus, ne la reconnaissait pas. Lui aussi était illusionné par son ancienne apparence.
Simon resta toute la journée à l’auberge, discutant avec les patrons, ce qui n’arrangeait pas la jeune fille, elle se porta donc volontaire pour toutes les corvées de la journée, s’éloignant le
plus possible de lui. Elle était tellement triste et savait qu’il lui était impossible de lui révéler son identité. Et plus que le reste, ce qui la faisait souffrir était l’amour qu’elle
éprouvait pour lui et qui s’était enfin révélé à son âme. Elle aussi avait été aveugle pendant des années et il avait fallut qu’elle devienne un monstre pour voir clair.
Quand elle rentra à la nuit tombée de la ville, l’auberge était silencieuse. Elle traversa la pièce sur la pointe des pieds quand un raclement de gorge la fit sursauter. Elle se retourna et vit
Simon, qui était installé dans un coin de la pièce. Il se leva et vint vers elle, alors qu’elle s’était figée.
Il s’approcha et posa sa main sur sa joue. Elle sentit son souffle se couper alors qu’il plongeait ses yeux dans les siens. Il lui dit, d’une voix douce, qu’il la cherchait depuis si longtemps.
Qu’il avait traversé le pays de long en large au cours des derniers mois, à sa recherche. Qu’il ne comprenait pas pourquoi elle se cachait. Les yeux de la jeune fille s’embuèrent et elle murmura
qu’elle avait honte, qu’elle n’était plus ce qu’elle était. Simon sourit et caressa sa joue, en lui disant que son aspect ne comptait pas. Qu’il l’avait toujours aimé pour ce qu’elle était. Elle
n’arrivait pas à le croire, ce n’était pas possible, il l’avait reconnu, il la cherchait depuis des mois, et il lui demandait de rentrer avec lui. Sa famille était extrêmement attristée par son
absence.
Elle hésita, puis, le regard franc de son ami la décida. Elle fit ses adieux le lendemain aux aubergistes et repartit avec Simon. Ils réapprirent à se connaître durant le trajet, elle lui raconta
ce qui lui était arrivé au palais et lui parla de la vie au village qui avait si peu changé depuis son départ, si ce n’était qu’elle lui avait manqué.
L’arrivée chez elle ne fut pas aussi difficile qu’elle l’avait imaginé, certes, de nombreuses personnes la montrèrent du doigt, se moquant de ce qu’elle était devenue, mais la vaniteuse jeune
fille qu’elle avait été n’était plus et elle ne s’arrêta pas à cela. Ce qui compta le plus à ses yeux furent les réactions de sa famille et des ses vrais amis qui l’accueillir à bras ouverts.
Hélène eut une vie heureuse après cela, elle travailla avec sa mère à l’entretient de la maison, puis avec Simon, quand celui-ci lui demanda de l’épouser. Ils eurent de très beaux enfants
ensemble et elle eut à cœur de leur apprendre que la beauté physique ne fait pas tout, seule celle du cœur compte. Ils vécurent tous très heureux, loin des fastes de la cour, loin de la vanité
des gens, près des vraies valeurs, celles qui font une vie.
Hum… B comme Beauté me pose de gros souci… J’écris depuis plus d’une heure et je ne suis pas contente du résultat… J’essaie un nouveau
genre… Lequel ? Hum, mieux vaut le dire, car si je fais la surprise et que personne ne voit le lien, c’est qu’il sera vraiment mauvais, alors je sauve les meubles !
Donc, j’ai décidé de l’écrire sous forme de conte. Bah oui… Un conte, pas de fée, mais un conte… Si, si, avec une morale à la
fin !
Et deux pages word plus tard, je m’aperçois que :
J’ai hésité à le poster en deux fois, mettre ce que j’ai déjà fait et terminer ensuite. Mais il vaut mieux que je garde, que je le termine
ce week-end et que je l’étoffe. Une relecture à tête reposée sera meilleure, enfin je l’espère ! En tout cas, cela ne peut qu’être plus satisfaisant.
De toute façon, il y a des chances que je rencontre d’autres difficultés par la suite, c’est un sacré défi quand même et il ne tient qu’à
moi de le mener à bien (ou plus ou moins bien !) Alors autant passer outre et terminer l’histoire, qu’elle me plaise, qu’elle vous plaise ou non. Et c’est avec des erreurs qu’on progresses,
non ?
Les yeux fermés, le genou gauche à terre, l’avant-bras droit reposant sur son genou droit, il méditait. La tête légèrement penchée en avant,
ses longs cheveux châtains tombaient négligemment devant son visage. Sa respiration était calme et régulière, il faisait le vide dans son esprit, chassant tous les sentiments et sensations qui
auraient pu perturber son recueillement, sa concentration.
Il se préparait. Dans quelques instants, quelques minutes, peut être quelques heures, ce qu’il ferait serait une très grande épreuve pour
lui, la plus grande peut être et il voulait être le meilleur, il voulait faire son devoir et Lui rendre hommage.
Il était à la porte d’une des plus grandes batailles que les Cieux n’avaient jamais connu. Il allait suivre Michaël dans sa bataille contre
les anges renégats. Il allait chasser ses frères et ses sœurs qui L’avaient trahis.
Ses yeux se plissèrent légèrement et un sentiment de colère refoula au milieu de sa paix intérieure. Ses frères, ses sœurs, comment
avaient-ils put suivre Lucifer ? Et Lucifer, comment avait-il pu oser Lui faire un tel affront ? S’opposer à Lui, Le défier, non il ne comprenait pas. Quand aux autres… Il y avait ceux
qui avaient suivi Lucifer à cause de ces sentiments qui lui semblaient si étranger, cette cupidité, cette envie, qu’il ne comprenait pas et qu’il ne voulait pas comprendre. Et il y avait les
autres… Ceux qui avaient suivi la voie du traître par amour des Hommes. Ces hommes et femmes qui peuplaient la Terre et qui ne Le respectaient pas encore assez. Comment comparer Son amour infini
à celui qu’ils pouvaient susciter ? Non, il ne comprendrait pas. Pas plus que ces unions contre nature avec les femmes qui donnaient naissance à des abominations à la face de Son Créateur.
Ces Néphillims qui représentaient la trahison à Son unique amour. Fruits de la semence des fils de Dieu avec les filles des Hommes. Fruits omni plus que tout à ses yeux.
Le seul sentiment qu’il comprenait désormais était la tristesse. Le créateur devait être si déçu par ses enfants, les voir Lui tourner le
dos, L’abandonner ainsi. C’était inadmissible. Une nouvelle flambée de colère l’inonda et cette fois il décida de la laisser venir. Il préférait laisser cette faiblesse le submerger pour mieux la
vaincre par la suite, par la grâce de Son amour… L’ignorer ne la ferait pas disparaître et il avait besoin d’être complètement à sa mission.
Il fit enfin le vide dans son esprit, après avoir inspiré et expiré longuement et de nouveau son âme ne fut plus qu’un havre de paix. Il
sentait Son amour au travers des rayons du soleil qui l’illuminaient, la caresse de Sa bonté avec le vent qui secouait doucement ses cheveux. Il était avec lui, Il avait confiance en lui et Il
l’aimait. Il tressaillit de satisfaction et de bien être et ouvrit lentement les yeux.
Son regard découvrit la terre sous ses bottes, ses oreilles entendirent les trilles des oiseaux et ses narines humèrent les senteurs de la
nature autour de lui. Il se releva doucement et admira une nouvelle fois Sa création. C’était une forêt luxuriante, un lieu qu’il avait toujours affectionné pour se retrouver et méditer. Il
périrait peut être aujourd’hui, mais jusqu’au bout il se battrait pour Lui.
Il entendit au creux de son oreille l’appel de Michaël et avant même d’avoir formulé l’idée dans son esprit, il sentit le poids de son épée
dans sa main droite. Il releva lentement la lame flamboyante de Son feu sacré en direction du ciel, hommage silencieux à Lui, pas d’adieu, juste la promesse d’être le guerrier sur qui il pouvait
compter. L’ange dévoué qui ne Le trahirait jamais.
Il sourit et ses ailes apparurent dans son dos, il les déplia lentement. Le poing toujours levé, sa tunique battit doucement le long de ses
membres alors que ses ailes commençaient à battre.
« Pour Toi » Ce ne furent pas vraiment des mots, juste une offrande à sa Magnificence.
Il sourit une nouvelle fois, baissa son bras alors que ses pieds décollaient lentement du sol et il s’envola vers ses frères et sœurs, mener
la grande bataille du Ciel…
:
Un blog pour m’exprimer, pour écrire, pour m’épancher, pour vider ma tête des idées qui y fourmillent… Mes petites histoires, mes envies, vos idées !