Lundi 15 février 2010
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22:31
Il se tourna dans le lit et péniblement entrouvrit un œil afin de voir l’heure qu’il était. Plus qu’une dizaine de minutes et le réveil déverserait une musique quelconque au milieu de la
tranquillité de la chambre endormie. Il se tourna de nouveau, afin de lui faire face. Elle dormait tranquillement, allongée sur le ventre, une main devant son visage, l’autre glissée sous son
ventre. Les secondes passants, il sentait le sommeil le quitter inexorablement, d’autant que son esprit s’était très rapidement réveillé alors qu’il la regardait.
Ils s’étaient disputé avant d’aller se coucher, pour une broutille, dont il avait tout oublié d’ailleurs. Ce dont il se souvenait, était qu’ils s’étaient couchés fâchés, chacun de son côté.
Il soupira, plissant les yeux afin de mieux deviner les traits de la jeune femme endormie. Il y avait un faible rai de lumière qui filtrait au travers des volets, apparemment, il allait faire
beau.
Ils étaient ensemble depuis 5 ans. C’était leur anniversaire aujourd’hui. Voila, il se rappelait pourquoi ils s’étaient disputés, à cause de leur anniversaire. Elle lui avait reproché d’avoir
oublié, d’avoir programmé pour ce week-end une sortie avec ses potes plutôt qu’un petit séjour en amoureux, ou bien même un restaurant. Si elle savait. Il n’aurait pas du s’emporter, surtout
que la dispute avait ensuite dérivé sur l’appartement et la fuite qu’il y avait sous l’évier puis sur sa manie d’appeler sa mère à chaque fois qu’elle avait un souci ou une question… Un sujet en
appelant un autre, une broutille à la suivante, ils s’étaient fâchés. C’était stupide mais ces petites piques étaient suffisamment désagréables pour les faire bouder plusieurs jours. Il n’en avait
pas envie, loin de là, mais il n’avait pas non plus envie de s’excuser, après tout, il n’y était pour rien. Bon, en toute mauvaise fois, il pouvais se permettre de dire qu’elle était responsable,
mais au fond, c’était tellement de mauvais arguments, qu’il savait qu’ils n’étaient pas plus innocents que responsables, l’un comme l’autre.
Elle remua légèrement et il sortie doucement sa main de sous les draps afin de lui effleurer les cheveux d’une petite caresse. La pire des têtes de mules qu’il pouvait connaître. Et pourtant, il ne
pouvait pas se passer d’elle. C’était physique. Quand bien même elle pouvait l’exaspérer, quand ils étaient séparés plus de 24 heures, il ressentait un manque, au creux de son ventre. Non pas
qu’elle lui apporte quelque chose, non, c’était lui, il se sentait juste bien quand elle était là. Ce n’était pas très clair dans sa tête, mais c’était comme si quelque chose de naturel dans sa vie
manquait quand il ne la voyait pas pendant trop longtemps.
Elle gémit doucement et remua encore, il avait continué à caresser sa chevelure sans même s’en rendre compte et cela l’avait réveillé. Il lui souffla
- Salut… Bien dormi ?
Un petit grognement lui répondit puis elle changea de position, se tourna sur le dos et marmonna.
- Pas assez et toi ?
- Tout pareil mon cœur…
- Quelle heure ?
- Presque l’heure.
Nouveau soupir et elle se pelotonna contre son torse, lui déposant un petit bisous contre sa peau nue et se cala pour lui faire un gâté. Son bras était venu l’enlacer et elle caressait doucement
son dos. Ses lèvres avaient fait naître tout un tas de frisson le long de sa peau et machinalement il resserra ses bras autour d’elle.
D’un coup, il la repoussa et la regarda dans les yeux
- Je reviens !
- Quoi ? Attend, on se lève dans deux minutes…
Elle râlait, encore endormi, ne comprenant pas vraiment pourquoi il avait bondi d’un seul coup hors du lit et partait en direction de la salle de bain. Quand il revint, il avait laissé la lumière
du couloir allumée et la porte de la chambre ouverte laissait passer suffisamment de lumière pour qu’il la distingue clairement.
- Lève toi s’il te plait.
Grognements
- Allez, debout, s’il te plait !
- T’es pénible ce matin ! Je veux encore un gâté moi !
- Debout !
S’avouant vaincu, et après un coup d’œil au réveil qui lui confirma que dans moins de deux minutes il allait s’enclencher, elle se tourna, commença à se redresser et se figea d’un seul coup. Il
s’était agenouillé à ses pieds et lui tendait une petite boite sombre. Un écrin qu’il ouvrit lentement.
- Ma chérie… J’ai beaucoup réfléchi et…
Il fit une pause, lui laissant ainsi le temps de se redresser et de poser ses pieds sur le sol. Il se dit que ce n’était peut être pas plus mal qu’elle soit assise, car elle semblait être vraiment
déboussolée d‘un seul coup.
- Je n’arrive pas à imaginer ma vie sans toi. Je ne veux pas imaginer ma vie avec une autre que toi. Est-ce que tu voudrais vieillir avec moi ?
Il avait tout dit d’une traite, c’était sorti d’un seul coup, plus naturellement qu’il ne l’avait imaginé. Mais c’était dit. Et il attendait sa réponse. Elle resta interdite, puis sa bouche se
tordit légèrement. Elle le fixa longuement, glissa hors du lit et s’avança vers lui. Elle posa ses mains sur les siennes et se pencha pour l’embrasser. Dans un sourire, elle lui répondit simplement
:
- Mais oui, je le veut…
Gwenaëlle C., le 15/02/10