Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 09:26

Rapport de mission du vaisseau Zorek III
28 septembre 20120

Rapport numéro 3569, effectué par le commandant de bord Stakers, en charge du vaisseau d’exploration Zorek III, comprenant 1236 âmes.


L’exploration de la planète baptisée actuellement ZR46E20, située dans le cadran 12 de la galaxie bleue a donné des résultats négatifs quant à la possibilité d’une colonisation. Mon rapport ne sera que partiel car je n’ai pas été conscient durant une partie de la mission. Ces événements manquant m’ont été rapportés par l’apprenti navigateur Zwirrd, un fils d’Ezoine. Agé de 56 ans, années terriennes, il est considéré par les gens de sa race comme un adolescent et est soumis à de nombreuses hormones. Il semble, après analyse que c’est ce qui l’a protégé des influences néfastes de la planète. Son rapport est mis en annexe dans la base de données.
Nous avons atterris à 9h02 AM, heure universelle, sur la planète ZR46E20, à un kilomètre et demi du point de radiation indiqué dans mon précédent rapport et qui nous a conduit à venir explorer cette planète. Le signal continuait d’être régulier et avait la structure d’un appel, d’un langage intelligent, mais non traduit encore. J’ai pris le commandement d’un groupe composé de 8 membres de l’équipage. L’atmosphère étant respirable, nous n’avons pas pris de combinaison de survie, uniquement les détecteurs de signaux, ainsi qu’un kit réglementaire de récupération d’échantillon.
L’environnement est d’aspect principalement rocheux, une forte végétation est à signaler, mais il n’y a pas de chlorophylle ou d’équivalent connu actuellement vivant. Les échantillons recueillis semblent être exclusivement constitués de minerai. Celui-ci, sous une forme liquide, à température ambiance, circule dans la végétation. La faune ressemble énormément aux animaux que l’on retrouve dans les grandes forêts au climat tempéré. Des sortes de mammifères, de taille équivalente à nos biches, mais également de petits rongeurs ont pu être observés. Le ciel est de nuances d’orange, avec des nuages blanc qui le parcourt. Je mets également dans le rapport l’ensemble des clichés d’observation.
L’aspect minéral prédominant sur cette planète est essentiel pour ce qui s’est passé par la suite. Nous avons remarqué que le sol, ainsi que les rochers qui constituent les collines et montagnes aux alentours de notre site d’atterrissage, semblent être composés d’une matière identique. De la terre principalement, mais une portion plus ou moins grande d’une roche spécifique. Les échantillons sont en cours d’analyse. L’aspect des roches est translucide, avec des nuances de couleurs et des reflets doré. La concentration de cette roche inconnue permet à un certain niveau d’émettre une forme de radiation. Nous n’avons pas compris immédiatement que la radiation issue de ces roches était la source du signal que nous avions capté et qui nous a mené à explorer cette planète.
Mes hommes et moi-même avons commencé à sentir les premiers signes d’un vertige, dès le moment où nous avons atterrit. Pourtant, nous n’en n’avons pas eu conscience immédiatement. Une sorte de torpeur s’était emparée de nous, une béatitude qui est allée en grandissant alors que nous allions en direction de la source du signal.
A ce moment, je suis incapable de décrire ce qui nous est arrivé. Mes seuls souvenirs sont un état de bonheur total, le besoin de me rapprocher de la pierre, de m’oublier dans son rayonnement. Zwirrd nous a rapporté qu’au bout d’une centaine de mètres, nous avons cessé de communiquer entre nous. Zwirrd nous parlait mais nous ne répondions pas. Nous avancions sans même nous fier à nos instruments, vers la source du signal. Nous étions complètement hermétiques à tout autre stimulus. Lorsque Zwirrd a essayé de nous barrer le chemin, de nous faire retourner vers le vaisseau, nous avons été violents, nous l’avons repoussé sans ménagement. Nous avons parcourus le chemin vers la source du signal et nous nous sommes retrouvé face à un flanc de montagne, donc la proportion du minéral mystérieux était approximativement de 99%. Nos instruments d’analyse ont continué leur travail, le rayonnement n’a eu d’incidence que sur les hommes et femmes de l’équipe.
 Nous avons donc fait face à une pierre gigantesque, comme un bloc unique d’une seule pierre, d’approximativement 4 mètres de hauteur sur 8 mètres de largeur. Zwirrd nous a rapporté qu’une fois devant la roche, nous sommes tombés à genoux, complètement obnubilé par le scintillement qui nous irradiait. D’après les clichés prit, la roche ressemble à une gigantesque opale, translucide, traversée de rayures diverses. Les rayons des  deux soleils font naitre une multitude de nuances de couleur. Ce jeu de couleur, associé au rayonnement solaire semble être à l’origine de l’attraction que nous avons subit.
Nous sommes restés à genoux, complètement inconscient de choses extérieures et Zwirrd est retourné au vaisseau pour nous téléporter en sureté, hors de l’attraction de ces roches. L’ensemble de l’équipe est revenue à elle dans la demi-heure. Compte tenu de la situation, je préconise d’instaurer une mise en quarantaine de la planète. Elle est impropre à la colonisation, mais peut être utilisée comme réserve naturelle. Des postes d’observation spatiaux ou même marins, pourront être mis en place, le champ d’attraction, d’après nos émetteurs, ne dépassent pas les 10 kilomètres.
Nous allons rester encore deux cycles, afin de scanner l’ensemble de la planète et d’ajouter dans la base de données Universelle un rapport complet.

Gwenaëlle C., le 10/01/12

 

Par Gwenaëlle - Publié dans : Il était 26 fois... - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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