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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 10:38

Célinka éteignit la lampe et sa chambre fut aussitôt plongée dans l’obscurité. Célinka ferma les yeux et fit le vide en elle, mais en vain. L’excitation était trop forte pour que la jeune femme puisse être calme et atteindre la paix intérieure. Demain serait un grand jour pour elle, l’aboutissement d’années de travail, de sacrifices. Demain, elle serait acceptée dans le corps des gardes impériales et peut-être même qu’elle serait choisie pour devenir l’apprentie de la Majectrix.


Elle se rappelait comme si c’était hier la première fois qu’elle avait vu défiler le Corps Céleste. Elle avait huit ans et son père était allé dans la capitale pour ses affaires. Il avait accepté de l’amener avec lui, elle allait enfin voir la grande ville. Elle avait sagement suivit son père durant ses rendez-vous, restant dans son coin, attendant avec impatience le moment où ils auraient l’occasion de visiter la capitale. C’était arrivé le matin du troisième jour, ils avaient une matinée entièrement libre et son père l’avait amené dans les jardins royaux. Elle avait vu de nombreuses choses extraordinaires, mais à ses yeux, rien n’était comparable à ce qu’elle avait découvert lors de la parade.


Ils étaient installés au bord de l’année centrale, il y avait des centaines de gens tout autour d’eux. On chantait, on dansait, la joie et la bonne humeur étaient palpables. La ville sentait bon le printemps, Célinka dévorait des yeux tout ce qui se passait, gagnée pas l’excitation ambiante. Puis le défilé commença et quand les cavalières arrivèrent au niveau de la petite fille, quelque chose en elle changea irrémédiablement. La garde impériale, vêtue de leurs armures argentées avançaient lentement, précédée par la Majectrix Laura. Leurs chevaux étaient magnifiques, c’étaient des pur-sang que la fillette trouva gigantesques. Les femmes de la garde, les Rajetix, étaient vêtues chacune d’une armure portant leurs armes et leurs faits d’honneurs. Elles avançaient têtes nues, portant leurs heaumes sous le bras gauche, guidant leurs montures de leur main libre. Les heaumes représentaient chacun un animal différent, en fonction de la personnalité de leur propriétaire. Leur point commun était la queue de cheval qui tombait de leurs casques, de la même couleur que le crin de leurs chevaux. Célinka se demanda s’il provenait de leur monture.


Celle qu’elle admira le plus était la Majectrix. Comme ses compagnes, elle portait une épée au côté, c’était une pièce magnifique, à la garde travaillée. Comme ses compagnes, son armure était en argent. De là où se trouvait la fillette, on pouvait distinguer un lion gigantesque, dressé sur ses pattes arrières, qui attaquait un chevalier en armure. Célinka l’ignorait à ce moment là, mais il s’agissait de la grande bataille des terres sombres, et le lion était Rmachata le sanguinaire, qui avait semé la désolation sur les terres du sud jusqu’à ce que la garde impériale intervienne et que la Majectrix Laura le terrasse. Ce qui différenciait l’armure de la chef des Rajetix étaient les pierres précieuses qui l’ornaient. Sous les rayons du soleil, on avait l’impression qu’un arc en ciel allait sortir du torse de la fière et belle jeune femme.


Alors que la parade était terminée et que son père tirait vainement sur son bras, quelque chose changea dans le cœur et l’âme de la petite fille. Elle avait déjà pensé à ce qu’elle ferait quand elle serait grande, elle voulait être princesse, comme de nombreuses petites filles. Mais là, telle une évidence, elle savait ce qu’elle voulait faire, ce qu’elle devait être. Elle serait Rajetix, peut-être même Majectrix si elle avait de la chance.


Une fois rentrée dans son village, elle s’était plongée dans les livres et avait dévoré l’histoire de la garde impériale. Même si elle ne comprenait pas tout ce qu’elle lisait, elle savait qu’elle avait trouvé sa voie. L’accès au concours d’entrée à la formation des Rajetix ne se faisait qu’à partir de dix ans, elle avait donc un peu moins de deux ans devant elle pour s’entrainer, se préparer. Ses parents avaient d’abord pensé à une lubie d’enfant, la fillette était encore sous le charme de ce majestueux défilé. Mais au fil des mois, ils avaient dû se rendre à l’évidence, malgré les difficultés de l’entrainement qu’elle s’imposait, jamais sa volonté ne fléchissait.


Elle avait été sélectionnée et elle avait cru que son cœur allait exploser le jour où elle avait intégré le corps de formation. C’était il y a six ans. Jamais depuis, sa volonté, son engagement n’avaient faibli. Elle s’était imposée encore plus de discipline, plus de travail que toutes les autres, afin d’atteindre l’excellence. Un jour, elle atteindrait son rêve et ce jour ce serait demain. Elle soupira et se détendit un peu. Elle devait être en forme pour la cérémonie. Ce n’était pas la fin de sa formation, ce serait le début de sa vie. De sa vraie vie…

 

Gwenaëlle C., le 14/02/2012

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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 13:51

Plus que quelques mètres et elle serait en sécurité. Elle courait comme elle pouvait, prenant appui sur sa cheville foulée malgré la douleur. Dans son dos, elle entendait le fracas de la bataille. Ses amis repoussaient l’ennemi, les empêchant de l’atteindre elle. La bataille de Zrac’Oh resterait dans les mémoires comme la pire tuerie de toute l’histoire d’Irature, mais également la plus héroïque. Celle où de valeureux guerriers avaient réussit à percer un passage entre les lignes ennemies, malgré des combats à quatre contre un. Ce passage allait lui permettre d’accomplir sa destinée et sauver les peuples d’Irature des forces maléfiques qui s’étaient emparées de ses terres et qui la menaient à sa destruction.


Le couloir sombre s’étirait devant elle, elle se sentait si oppressée, entendant son souffle irrégulier résonner contre les murs de pierres. Il faisait sombre et le plafond semblait si bas, à seulement une vingtaine de centimètres au dessus de sa tête. Elle aurait pu toucher les murs si elle avait tendu les bras. La stèle sacrée n’était plus qu’à quelques mètres, baignant le couloir dans une faible lueur bleutée. Elle ne ralentit pas lorsqu’elle passa son seuil, frissonnant alors que, pendant un instant, la température augmenta, pour reprendre ensuite son niveau initial. Son but se trouvait plus loin, derrière cette porte de pierre ouverte, d’où aucune lumière ne sortait. Elle ne ralentit pas, malgré la douleur et malgré la peur qui serrait son ventre. Elle se jeta dans le gouffre obscur, sans y réfléchir, sachant qu’elle n’avait peut être plus de temps pour effectuer sa tache.


Une fois la porte franchie, elle se trouva dans un tout autre endroit. C’était une grande pièce, où le plafond se perdait des mètres au dessus de sa tête. La salle était vaste, peut être une vingtaine de mètres de long. Des torches étaient disposées à intervalles réguliers et différents jeux de miroirs diffusaient la lumière pour que la pièce soit uniformément éclairée. Des sculptures ornaient les murs, représentant l’histoire des différents peuples d’Irature. Elle reconnut, parmi ces dessins, certaines légendes qui avaient bercées son enfance. Elle se tenait immobile comme paralysée et ce fut lorsqu’elle suffoqua qu’elle prit conscience d’avoir retenu son souffle depuis son arrivée. Elle se remit à respirer, d’abord furieusement, puis plus calmement. Elle avait une mission et portait sur son corps et ses mains le sang de ses amis qui s’étaient sacrifiés pour lui permettre d’arriver là. Elle n’avait pas le droit d’échouer ou de faillir. Elle fit quelques pas en direction du centre de la pièce. Celui-ci était masqué à sa vue par un gigantesque pilier, dont elle n’aurait pas pu faire la moitié du tour avec ses bras. Elle pouvait en voir un autre de chaque côté, plus loin et devina qu’il y en avait quatre en tout. De cet endroit, provenait différentes lumières, aux couleurs variées. C’était, sans nul doute possible, sa destination.


Elle avança prudemment, curieuse, mais également emplie d’une respectueuse crainte. Si les légendes disaient vraies, elle devrait trouver les quatre gardiens. Grâce à eux, elle pourrait rétablir l’équilibre et chasser le mal de leur monde. Elle se décala sur la droite et au bout d’une dizaine de pas, l’éclat des lumières se dissipa, lui permettant de voir ce qui trônait au milieu de la pièce. Les quatre gardiens étaient là. Ils flottaient, assis en tailleur, à environ un mètre du sol. Elle n’avait aucun moyen de le vérifier, mais elle était certaine que chacun se trouvait du côté d’un point cardinal.


Le premier des gardiens sacrés qu’elle osa observer était, sans doute aucun, Dariah, gardienne des portes du Nord, maitresse de l’eau et des océans. Sa longue chevelure noire semblait flotter autour d’elle. Ses cheveux étaient tellement brillants que Rinah pouvait y apercevoir de magnifiques reflets d’un bleu profond. Ses yeux était clos, sa peau était presque translucide et aussi lisse que si elle avait été une statue. Elle avait ses mains levées devant elle, comme si elle avait voulu calmer une dispute. Elle portait une tunique bleu clair et de fines sandales en cuir. Elle semblait irradier d’une lumière bleutée, comme si sa peau diffusait cette lueur.


A sa droite, se trouvait un homme, ses cheveux blancs touchaient presque le sol et ondulaient doucement, comme sous l’effet d’une brise d’été. Il avait pourtant le visage d’un jeune homme, à peine sorti de l’adolescence. Les yeux clos, le gardien des portes de l’Est et le maitre des airs, avait un petit sourire au coin des lèvres. Il tenait sa main droite sur sa main gauche, elles étaient ouvertes, à quelques centimètres de son cœur. Son aura était blanche, d’une couleur aussi immaculée que la première neige. Prelyis semblait d’une pureté sans pareil, tel un ange tombé du ciel, enveloppé dans une tunique blanche, également, qui bougeait au même rythme que ses cheveux.


Elle se décala sur le côté et observa le gardien qui se trouvait à gauche. Il s’agissait d’Eaven, gardien des portes du Sud, maitre du feu. Il avait les pommettes hautes et des lèvres généreuses. Ses cheveux étaient bien plus courts que ceux des autres gardiens. Ils auraient dû lui arriver au niveau du menton, mais actuellement, ils étaient dressés au dessus de sa tête et leur couleur ne cessait de changer. On aurait dit que ses cheveux étaient faits d’un feu vivant, d’un rouge intense aux racines et d’une couleur d’or aux pointes. Elle cligna des yeux, elle les avait vu changer de couleur, comme des flammes dans l’âtre. Ses paumes étaient simplement posées sur ses genoux. Son vêtement était auburn, il semblait être fait de cuir, mais il lui aurait fallut le toucher pour s’en assurer et elle n’osa pas.  Sa lumière rouge donnait une fausse impression de chaleur.


Le dernier gardien était une femme, Nerrasa, gardien des portes de l’Ouest, maitresse de la terre et de la vie. Ses cheveux brun tombaient en cascade sur ses épaules, jusqu’à sa taille. C’était une femme magnifique, avec des yeux en amande et une peau à la couleur légèrement ambrée. Sa tunique était constituée de voiles verts, retenus pas une broche montée d’une émeraude grosse comme un point. Ses mains étaient également posées sur ses genoux, mais avec les paumes ouvertes vers le ciel. Son aura verte sembla envelopper de douceur la jeune fille.


Elle ne savait  quoi faire. On lui avait dit que son destin était de rétablir l’équilibre, de remettre à sa place l’éther, l’élément essentiel toute vie. Mais elle ignorait ce que cela signifiait, comme tout le monde. Il y avait une grande stèle au centre du cercle et elle se sentit comme attirée. Pourtant, ses jambes refusèrent de bouger. La peur la paralysait. Elle regarda à nouveau chacun des gardiens, guettant un indice, un signe. Il vint de Nerrassa. Imperceptiblement, ses paupières s’étaient ouvertes et elle fixait Rinah, qui n’osait respirer, la bouche entre-ouverte. Elle l’entendit dans sa tête, car aucun mot de franchi les lèvres de l’être lui faisant face.


« Rinah, il est temps d’accomplir ton destin et de prendre ta place dans notre cercle »
- Que dois-je faire ? La voix de la jeune fille se répercuta contre les murs, troublant un silence séculaire.
« Tu l’ignores donc ? Tu es la quintessence, tu es la gardienne de l’éther, ce qui rempli le monde entre les éléments. »
Rinah ouvrit la bouche mais ne prononça aucun mot, attendant que la voix dans son esprit continue, car elle ne comprenait pas.
« Comme nous, tu as été choisie. Je sens en toi ta peur, ta peine et tes doutes, mais tu ne dois pas lutter et accepter. Tes amis se sont sacrifiés pour que tu puisses reprendre ta place parmi nous et sauver ton monde. »


Le silence se fit à nouveau dans sa tête et Rinah comprit qu’elle n’aurait pas davantage de réponse à ses interrogations. Ne pas lutter et accepter. Se sacrifier ? En quoi était-ce différent du sacrifice de ses amis, après tout ? Peut être était-ce parce que ce n’était pas dans le feu de l’action. Cela était d’autant plus difficile. Elle se tourna et jeta un dernier regard en direction de la porte qu’elle avait franchi quelques instants auparavant. Elle fit ses adieux au monde et se retourna. Les quatre gardiens avaient ouverts les yeux et la regardaient avec bienveillance. Son destin… Elle avait l’intime conviction qu’une fois dans le cercle, toutes ses questions trouveraient une réponse. Elle était la quintessence, mais que cela signifiait-il ? Elle savait qu’elle pouvait tout donner pour sauver ses amis, sa famille, son monde qu’elle aimait tant. Avec un peu d’appréhension, elle avança et prit place au centre de la stèle. Et d’un coup, tout changea…


Gwenaëlle C., le 01/02/2012

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 10:51

Elle était là, elle attendait, patiente, affamée, impatiente … Au fond de cette ruelle sombre, que tous semblaient avoir oublié, elle était là, guettant, son attention portée sur l’homme qui arrivait doucement vers elle, en titubant. Elle dû se retenir de trembler, tant son excitation était grande. L’homme était encore trop loin, une dizaine de mètres, elle devait le laisser s’approcher encore un peu. Quelques pas et elle pourrait se repaitre de sa chair. Elle pourrait l’attraper, l’avaler, briser ses os en milliers de petits morceaux puis le digérer lentement, très lentement. Cela lui donnera assez de force pour la suite. La suite, elle ignorait ce que c’était, elle n’avait ni conscience de sa naissance, de son passé, ni même de sa destiné. Juste l’instinct de tuer, afin d’évoluer et de pouvoir sortir de sa prison.
Cela avait commencé il y avait à peine quelques semaines. La conscience d’être, d’exister et la faim, surtout la faim. Un rat avait été son premier repas et elle avait connu le plaisir alors que ses entrailles maléfiques digéraient son festin. Puis il y eu l’inconscience. Elle ne savait pas vraiment combien de temps exactement, mais il faisait nuit, puis quand elle était revenue à la conscience, la nuit était noire. Elle ne se posait pas de question, d’autant que la faim la tiraillait à nouveau. Elle jeta son dévolu sur des proies plus conséquentes, les chats. Il y en avait beaucoup dans cette ruelle à l’écart de l’agitation du monde extérieur. Toutefois, ce ne fut pas facile de les attraper. Le rat était pour ainsi dire entre ses mains, mais les chats étaient malins. Sa faim grandissant encore et encore, la torturant sans répits, si ce n’est ces moments où elle semblait disparaître, l’obligea à être plus maline, plus prudente. Elle resta sans bouger, inoffensive, sans intérêt et les laissa s’approcher. Certaines fois, son odeur semblait les attirer, d’autres non, mais ils revenaient toujours. Elle avait compris que les rats attiraient les chats, ainsi que les choses qui bougeaient un petit peu. Elle apprit la patience et lorsque le premier félin qu’elle pu attraper eut finit de la nourrir, elle comprit qu’il lui en fallait plus, parce qu’il y avait autre chose. Se nourrir rendait son esprit plus clair et elle devenait plus maline.
D’autres chats finirent au fond de son estomac, les périodes d’absences alternants les périodes de plaisir extrême lorsqu’elle arrivait à se nourrir. Toutefois, la population féline exceptionnellement importante dans cette partie de la ville finit pas s’amoindrir. Elle croqua quelques chiens errants, mais ce n’était pas assez pour la nourrir. Elle ne le su jamais, mais des rumeurs couraient désormais dans la ville. Les disparitions d’animaux, les plaintes, commençaient à s’entasser dans les bureaux de police. On raconta qu’un laboratoire clandestin avait fait une rafle, et qu’il les utilisait pour effectuer des tests. On raconta également l’histoire de sacrifice rituel, de magie noire, d’hommes et de femmes qui éventraient les animaux pour lire l’avenir et obtenir de grands pouvoirs. Des centaines d’animaux disparus selon ce qui se disait, même si finalement, elle n’en avait englouti qu’une dizaine. Mais les « on-dit » aiment la démesure, pas les comptes précis.
Elle le sentit s’approcher, sa démarche était incertaine, il avait abusé de l’alcool et il n’avait aucune conscience de ce qui l’attendait à quelques mètres de là. Il cherchait un coin pour uriner, trop ivre pour rentrer directement chez lui, incapable de trouver le chemin direct vers sa maison. Il avait vu la ruelle et un vestige de pudeur l’avait poussé à aller se dissimuler, plutôt que de se soulager sur une des vitrines des magasins de la rue principale. C’est ce qui causera sa perte… Plus que quelques pas et il serait à elle. Elle resta complètement immobile. Elle aurait pu retenir  son souffle si elle en avait eu un tellement elle était concentrée. Plus que deux mètres… Il s’arrêta au pas suivant, essayant maladroitement de déboutonner son pantalon. Celui-ci lui tomba sur ses chevilles et il se pencha pour le ramasser. C’est à ce moment là qu’elle décida d’agir. En un instant, ses roues bougèrent et la projetèrent en avant. Son couvercle se releva et quand son corps de plastique se plia, elle avait l’angle idéal pour engloutir sa proie. L’homme poussa un cri alors que, dans son délire, il cru voir des dents surgir d’une vulgaire poubelle en plastique. Lorsque la partie supérieure de ce qui était sa bouche se referma sur le corps de sa victime, elle entendit quelques os se briser. Le cri de l’homme se fit plus fort, mais elle en avait cure. Elle mangeait, elle aurait bientôt assez de force pour évoluer et sortir de cette ruelle. Le monde… Un monde entier à dévorer, à annihiler. Un monde entier qui tremblerait devant la poubelle dévoreuse de chair…

 

Gwenaëlle C., le 20/01/2012

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 09:26

Rapport de mission du vaisseau Zorek III
28 septembre 20120

Rapport numéro 3569, effectué par le commandant de bord Stakers, en charge du vaisseau d’exploration Zorek III, comprenant 1236 âmes.


L’exploration de la planète baptisée actuellement ZR46E20, située dans le cadran 12 de la galaxie bleue a donné des résultats négatifs quant à la possibilité d’une colonisation. Mon rapport ne sera que partiel car je n’ai pas été conscient durant une partie de la mission. Ces événements manquant m’ont été rapportés par l’apprenti navigateur Zwirrd, un fils d’Ezoine. Agé de 56 ans, années terriennes, il est considéré par les gens de sa race comme un adolescent et est soumis à de nombreuses hormones. Il semble, après analyse que c’est ce qui l’a protégé des influences néfastes de la planète. Son rapport est mis en annexe dans la base de données.
Nous avons atterris à 9h02 AM, heure universelle, sur la planète ZR46E20, à un kilomètre et demi du point de radiation indiqué dans mon précédent rapport et qui nous a conduit à venir explorer cette planète. Le signal continuait d’être régulier et avait la structure d’un appel, d’un langage intelligent, mais non traduit encore. J’ai pris le commandement d’un groupe composé de 8 membres de l’équipage. L’atmosphère étant respirable, nous n’avons pas pris de combinaison de survie, uniquement les détecteurs de signaux, ainsi qu’un kit réglementaire de récupération d’échantillon.
L’environnement est d’aspect principalement rocheux, une forte végétation est à signaler, mais il n’y a pas de chlorophylle ou d’équivalent connu actuellement vivant. Les échantillons recueillis semblent être exclusivement constitués de minerai. Celui-ci, sous une forme liquide, à température ambiance, circule dans la végétation. La faune ressemble énormément aux animaux que l’on retrouve dans les grandes forêts au climat tempéré. Des sortes de mammifères, de taille équivalente à nos biches, mais également de petits rongeurs ont pu être observés. Le ciel est de nuances d’orange, avec des nuages blanc qui le parcourt. Je mets également dans le rapport l’ensemble des clichés d’observation.
L’aspect minéral prédominant sur cette planète est essentiel pour ce qui s’est passé par la suite. Nous avons remarqué que le sol, ainsi que les rochers qui constituent les collines et montagnes aux alentours de notre site d’atterrissage, semblent être composés d’une matière identique. De la terre principalement, mais une portion plus ou moins grande d’une roche spécifique. Les échantillons sont en cours d’analyse. L’aspect des roches est translucide, avec des nuances de couleurs et des reflets doré. La concentration de cette roche inconnue permet à un certain niveau d’émettre une forme de radiation. Nous n’avons pas compris immédiatement que la radiation issue de ces roches était la source du signal que nous avions capté et qui nous a mené à explorer cette planète.
Mes hommes et moi-même avons commencé à sentir les premiers signes d’un vertige, dès le moment où nous avons atterrit. Pourtant, nous n’en n’avons pas eu conscience immédiatement. Une sorte de torpeur s’était emparée de nous, une béatitude qui est allée en grandissant alors que nous allions en direction de la source du signal.
A ce moment, je suis incapable de décrire ce qui nous est arrivé. Mes seuls souvenirs sont un état de bonheur total, le besoin de me rapprocher de la pierre, de m’oublier dans son rayonnement. Zwirrd nous a rapporté qu’au bout d’une centaine de mètres, nous avons cessé de communiquer entre nous. Zwirrd nous parlait mais nous ne répondions pas. Nous avancions sans même nous fier à nos instruments, vers la source du signal. Nous étions complètement hermétiques à tout autre stimulus. Lorsque Zwirrd a essayé de nous barrer le chemin, de nous faire retourner vers le vaisseau, nous avons été violents, nous l’avons repoussé sans ménagement. Nous avons parcourus le chemin vers la source du signal et nous nous sommes retrouvé face à un flanc de montagne, donc la proportion du minéral mystérieux était approximativement de 99%. Nos instruments d’analyse ont continué leur travail, le rayonnement n’a eu d’incidence que sur les hommes et femmes de l’équipe.
 Nous avons donc fait face à une pierre gigantesque, comme un bloc unique d’une seule pierre, d’approximativement 4 mètres de hauteur sur 8 mètres de largeur. Zwirrd nous a rapporté qu’une fois devant la roche, nous sommes tombés à genoux, complètement obnubilé par le scintillement qui nous irradiait. D’après les clichés prit, la roche ressemble à une gigantesque opale, translucide, traversée de rayures diverses. Les rayons des  deux soleils font naitre une multitude de nuances de couleur. Ce jeu de couleur, associé au rayonnement solaire semble être à l’origine de l’attraction que nous avons subit.
Nous sommes restés à genoux, complètement inconscient de choses extérieures et Zwirrd est retourné au vaisseau pour nous téléporter en sureté, hors de l’attraction de ces roches. L’ensemble de l’équipe est revenue à elle dans la demi-heure. Compte tenu de la situation, je préconise d’instaurer une mise en quarantaine de la planète. Elle est impropre à la colonisation, mais peut être utilisée comme réserve naturelle. Des postes d’observation spatiaux ou même marins, pourront être mis en place, le champ d’attraction, d’après nos émetteurs, ne dépassent pas les 10 kilomètres.
Nous allons rester encore deux cycles, afin de scanner l’ensemble de la planète et d’ajouter dans la base de données Universelle un rapport complet.

Gwenaëlle C., le 10/01/12

 

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 14:00

Mickael remua dans son lit, il n’arrivait pas à dormir. Maman et papa l’avaient envoyé se coucher il y avait pourtant un bon moment, mais ce soir, il se sentait trop impatient. Il se tourna une nouvelle fois et se trouva face au lit de son petit frère Lucas. Il dormait tranquillement, allongé sur le ventre, le visage tourné vers lui, son bras passé autour de son ours en peluche vert. Mickael trouvait cela ridicule, à huit ans, lui, il n’avait plus besoin de son ours en peluche, c’était un truc de bébé ! Lucas avait trois ans, c’était un gros bébé, il passait son temps à pleurnicher. Il lui suivait tout le temps. Il ne savait pas jouer aux jeux de construction, il cassait tout le temps les maisons qu’il faisait. En plus, quand il se faisait mal, et Mickael n’y était pour rien, enfin la plupart du temps, ses parents pensaient tout le temps que c’était de sa faute ! C’était injuste !


Mickael sentit la colère monter en lui et il tourna le dos, rabattant rageusement le drap sur son visage. Si le Père Noël ne passait pas, c’était la faute de Lucas. Il s’était énervé contre lui ce soir, pendant qu’ils regardaient « Les aventures de l’Indiana Parc ». C’était sa série préférée et ce soir, ils en passaient trois épisodes à la suite. Lucas avait voulu chercher un jouet dans la chambre et quand il était revenu, Mickael avait vu qu’il avait rapporté avec lui sa figurine préférée de Lucky Snack, le héros de sa série. Mickael avait aussitôt bondit sur ses jambes et arraché la figurine des mains de son petit frère.
- Tu vas la casser ! Touche pas à ça !
Il avait crié et Lucas s’était mis à pleurer. Forcement, ses parents, qui mangeaient dans la pièce à côté avec tatie Laura et tonton Ben, avaient accouru. Ils avaient grondé Mickael quand Lucas leur avait dit que son frère l’avait poussé. Ils l’avaient aussi envoyé se coucher directement. Enfin, il avait dû passer par la salle de bain, ça, il n’avait pas pu y couper ! Voila, à cause de Lucas, il était au lit en avance alors qu’il avait le droit de se coucher tard pour une fois, il n’avait pas vu la fin de son épisode et il était sûr que le Père Noël ne passerait pas ce soir. Romain, à l’école, lui avait dit que le Père Noël n’existait pas, mais Emilie lui avait raconté après que Romain était jaloux, il se faisait tout le temps punir et donc le Père Noël ne passait jamais chez lui. Du coup, ses parents étaient obligés de lui offrir des cadeaux, pour pas qu’il soit le seul garçon sans cadeau. C’était vraiment nul. Parce que vu que Mickael s’était fait punir, lui aussi il devrait demander à ses parents des cadeaux. Et ils n’étaient pas contents de lui…


Sa mère était venue coucher Lucas très peu de temps après lui, elle était ensuite venue lui faire un mimi et lui avait demandé pourquoi il était si dur avec son petit frère. Il lui avait dit qu’il en avait marre de Lucas, que tout le temps, c’était lui qui avait raison, alors qu’en vrai, il passait son temps à l’embêter. Sa mère lui avait caressé les cheveux en lui disant que Lucas était un petit garçon et que le rôle d’un grand frère, c’était de l’aider à grandir. Que très bientôt, ils pourraient jouer ensemble sans que Lucas casse quoi que ce soit. Mickael ne la croyait pas vraiment, mais c’était sa maman et les mamans ont toujours raison…


Mickael ouvrit les yeux d’un seul coup, il avait dû s’endormir. Il n’entendait plus les bruits des discutions dans la salle à manger, en dessous de sa chambre. Tout le monde avait dû partir. Il eut envie de faire pipi et alluma sa lampe de chevet. Il se leva, tout en se frottant les yeux et passa devant le lit de son frère. Il était tout découvert. Il se rappela ce que sa maman lui avait dit et il fit demi-tour pour remettre la couverture sur les épaules de Lucas. Il ouvrit la porte sans faire de bruit et se dirigea vers la salle de bain.


Alors qu’il ressortait, il vit qu’il y avait de la lumière en bas des escaliers. Il avait envie d’un gâté, il voulait que sa maman lui fasse un bisou.  A moitié endormi, Mickael était encore un tout petit garçon. Il descendit sur la pointe des pieds les premières marches et regarda au travers de la rambarde. Ses yeux s’écarquillèrent et il se réveilla complètement. Ce n’était pas ses parents dans le salon, mais le Père Noël ! Il y avait toutes les lumières du sapin qui étaient allumées. Normalement, la nuit ses parents les éteignaient, mais là, elles étaient allumées toutes en même temps ! Cela faisait un peu mal aux yeux, surtout que cela clignotait beaucoup.


Il devait voir le Père Noël, lui expliquer que ce n’était pas de sa faute… Il se leva et voulu terminer de descendre les escaliers. Puis, une nouvelle fois, il repensa à sa maman. Un grand frère… Il fit la moue et décida d’aller chercher Lucas. Son petit frère l’admirerait s’il voyait le Père Noël grâce à lui ! Et puis personne ne le croirait s’il était tout seul. Une fois, à l’école, Martin avait raconté qu’il avait vu des souris parler, mais Michael était sur que c’était des mensonges. Les souris ne parlent pas et personne d’autre que Martin les avaient vues. Tout le monde s’était moqué de lui et Mickael n’avait pas envie que l’on se moque de lui. Il se rendit dans sa chambre sur la pointe des pieds et secoua son frère, doucement, puis de plus en plus rudement. Il se mit à chuchoter :
- Hé ! Réveille toi ! Réveille toi Lucas !
- Mais, heu… C’est l’heure… Maman ?
Lucas était toujours difficile à réveiller le matin, Mickael le secoua plus fort
- Viens, viens voir, y a le Père Noël en bas !
A force de le secouer, Mickael finit par réveiller complètement son petit frère. Il mit son doigt devant sa bouche
- Chut, il ne faut pas faire de bruit. Papa et maman dorment. Et c’est un secret, il ne faut pas qu’ils nous voient ! Vient vite !


Il l’aida à descendre de son lit et ils se glissèrent au poste d’observation que Mickael occupait un peu avant. Il montra de son doigt le gros bonhomme tout habillé en rouge. Il était en train de sortir des cadeaux de son sac. Lucas se mit à gesticuler, il voulait descendre et aller sur les genoux du Père Noël, comme l’autre jour au magasin. Mais Mickael le retint par le bras.
- Non, faut pas bouger, sinon il va partir avec les cadeaux et on va se faire gronder…
- Mais je veux aller sur ses genoux !
- Non, tu ne bouge pas. Écoute-moi, je suis le grand frère et j’ai raison !
Lucas se mit à bouder mais obéit. L’homme dans le salon termina sa tache et d’un coup, toutes les lumières s’éteignirent. Les deux garçons sursautèrent et se serrèrent l’un contre l’autre, surpris et effrayés. Un long moment s’écoula avant que Mickael se décide à bouger. Les lumières de la rue éclairaient à nouveau le salon, qui était vide.


- Il faut retourner se coucher… On va se faire gronder !
Lucas était impressionné par la nouvelle autorité de son frère, alors il obéit. Il était aussi fatigué et il commençait à avoir froid. Ils rejoignirent donc leur chambre et Mickael aida Lucas à se mettre au lit, avant de se glisser dans le sien et d’éteindre sa lumière. Il fit un grand sourire à son plafond, il avait vu le Père Noël, il l’avait vu !

 

Gwenaëlle C., le 20/12/11

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